Un tuyau, une bonne cage thoracique, quelques litres, on joue à l'homme qui tombe à pic pour briser le cycle.
Les cascades ne sont pas doublées, les dérapages incontrôlés.
Dur d'effacer les fautes passées, les ressasser c'est insensé mais c'est le seul moyen d'exister, une ligne, un tracé.
Qui te dit que tu vis ? On ne sais jamais, tu es sûr de rien ici.
Certains trouvent, certains cherchent, ceux-là chercheront toujours si personne ne leur tend la perche. C'est perdu d'avance !
On persévère, avec un père sévère. On s'en sort parfois sinon les chimères hantent les esprits quand ils sont clairs.
C'est la guerre dans les maisons, rien ne va plus. Mais il y a que là qu'on se sent concret, aimé à jamais, malgré les méfaits.
Heureux, on se parle pour se faire rassurer, une mère c'est une mère. Tu le sais, et c'est tant mieux.
La spiritualité manque, le vital pèse : avoir un toit, un chez-soi, l'abstraction du moi.
C'est dur à la fin du mois, l'exemple est partout.
Du coup, on met tous les atouts. Et malgré ça, pas moyen de mettre la poisse à genoux.
Laisser la trace d'un passage éphémère, dire qu'on a vécu. Ne pas finir comme une chanson qui meurt parce qu'on ne la chante plus. C'est le Graal que chacun poursuit sans répit, souvent pendant plus d'une vie.
Mais bon, tu es sûr de rien ici.
L'incertitude déballe son inquiétude, son lot de solitude. La paranoïa dans toute sa plénitude. Bientôt une balle jaillira d'un tube. Aussi sûrement qu'une étoile, une âme peut s'arrêter de briller en plein milieu d'un passage clouté.
Accepter ce fait pousse les mecs à risquer le tout pour le tout, à rendre coup pour coup. Au sol ne pas poser le genou.
Confiance avare, le sourire s'égare par peur. Le manque de "Je t'aime" donne la rage au coeur.
En sueur voyant la fin, les pleurs. Devant un faible pourcentage de bonheur, les gosses deviennent des terreurs, dealers.
On ne peut pas dire ce qu'on n'a jamais entendu, alors on grandit seul, on vieillit seul, on meurt seul, tout ça sans avoir vécu.
Planté devant le miroir, le temps qui passe laisse des marques sur le visage.
Vite ! Faut laisser la trace d'un passage, quelqu'un verra un nom gravé sur un banc public.
A moins que tout ne soit qu'un rêve, t'es sûr de rien ici...
Refrain
T'es sûr de rien là où je vis
Ce que nous vivons, c'est pas une vie
Ici ou ailleurs, y'a pas de saisons
La guigne suit nos talons
Rien n'est prévisible sous les néons
Pour pas finir marron, combien jouent les nuisibles
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Ces mots sont les paroles d'une chanson du rappeur Shurik'n (featuring freeman). Elle s'appelle "Sur de rien" et est extraite de son album "Où je vis" (1998). Depuis que je l'ai écouté (il y a déjà bien longtemps), je me suis promis de ne laisser personne caricaturer le rap français, amalgamer les styles de rap, dénigrer la valeur poétique de cet art, mélanger les genres, les rappeurs.
Il ne suffit pas d'entendre la musique via ses écouteurs dans le chaos quotidien de notre monde. Si on ne l'écoute pas, on ne la comprend pas.