Le Président Nicolas Sarkozy ne se rend en banlieue que pour parler d'insécurité. Comme si tout le reste allait bien ou que rien d'autre n'était prioritaire.
"Tous ceux qu'on ne prendra pas sur le fait, on les prendra sur les éléments de train de vie, les voitures, les montres..."
On comprend pourquoi Monsieur le Président ne passe pas trop de temps en banlieue. Avec sa Rolex, Jacques Seguela et lui auraient été accusés d'escroquerie en bandes organisées.
Trève de plaisanterie. La banlieue est un sujet qui mérite plus de sérieux et un ton plus grave. Nicolas Sarkozy parle d'insécurité, qu'en est-il :
- du manque d'infrastructures
- du manque de service public
- de l'exclusion
- des discriminations dont sont victimes bon nombres d'habitants
- du chômage
- du racisme
- du manque d'espoir
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Tous ces maux ne sont-ils pas quelque part une source importante de cette insécurité ? Pourquoi ne pas prendre les problèmes à la source ?
Les populations de banlieues sont toujours stigmatisées. On parle de délinquants parfois trop vite. Lorsque des salariés de Continental saccagent la sous-préfecture de Compiègne, on condamne, mais on ne parle pas de délinquance. Tout le monde comprend, sans vouloir excuser, qu'il s'agit d'un acte de manifestation, un signe certes un peu trop fort, de protestation. Un signe de détresse.
Mais lorsque ce sont des jeunes banlieues qui saccagent, on les traite tout de suite de délinquants et on oublie leur cause, ces racailles, ces voyous. Je ne les excuse pas car je ne m'associe pas à une telle manière de revendiquer. Mais penser qu'eux sont délinquants lorsqu'ils manifestent et que les salariés en détresse, les agriculteurs ne le sont pas, c'est une insulte à la condition humaine. Ce ne sont pas des sous-hommes les jeunes de banlieues.