Gateway of India,
Le nom de la place qui accueille tous les touristes de la ville de Mumbaï.
Hommage aux Anglais, qui comme les autres colons il y a plus d’un siècle, sont venus,
ont pris et sont repartis.
Cela me rappelle la porte de non retour à Gorée (Sénégal). Celle par laquelle les colons français prenaient le large pour l'Amérique, avec comme marchandises… des esclaves.
C'est à cette porte de Gorée que j'ai vu l'océan Atlantique dans toute sa splendeur.
Et c'est au gateway of India que j'ai vu pour la première fois, l'océan indien.
Me voici donc en Inde depuis deux semaines, la première fois que je foule le continent Asiatique.
Mumbai, une ville de près de 20 millions d'habitants. J'ai en face de moi le Gateway of India, avec juste derrière, l'un des plus beaux hôtels de la ville : le Taj Mahal Palace.
On se souvient tous de la prise d'otage meurtrière qui a eu lieu dans cette hôtel l'an dernier.
Cette place est à l'image de l'Inde : le Gateway, place touristique absolument splendide donnant sur l'Océan Indien par la mer d'Arabie.
Et juste en face, un hôtel de luxe qui n'est pas à l'abri d'une attaque terroriste.
Vivre dans un pays qui craint les attentats et s'en protège au maximum. Un pays qui essaie d'allier dynamisme et sécurité.
En passant trois semaines à Mumbai, on se croirait dans un immense aéroport New-Yorkais à enchainer portique de sécurité sur portique de sécurité. A l'hôtel, au bureau, au centre commercial, même au restaurant. Sécurité oblige, on se sent tous mieux une fois les portiques passées.
Voilà la première chose qui m'aura marqué dans cette grande ville de Mumbai.
Et j'ai compris que l'occident n'avait pas intérêt à se retrouver autant exposé au terrorisme car elle y perdrait grandement sa tranquillité.
Ensuite j'ai cru voir un panneau au dessus de la ville avec marqué "Under Construction". Travaux par-ci, ruines par là. Le pays tente de se construire, à l'image des grandes puissances. Mais on se rend compte bien vite que le chemin est long. On voit malheureusement plus souvent ce qu'il reste à faire, que ce qui a déjà été fait.
Les bâtiments sont à moitié construits voire même déconstruits, les routes ne sont pas prêtes à supporter les millions de voitures qui les arpentent chaque jour.
On pense à un géant aux pieds d'argile. Géant, parce que le potentiel n'est pas caché. Les millions d'ingénieurs, les millions de gens instruits, les centaines d'entreprises mondiales qui sont implantées, le mouvement amorcé vers la modernisation...
Pieds d'argile lorsqu'on voit toutes ses voitures chaque jour, s'aventurant sur des routes inachevées, et des voies sans aucune règle de circulation : anarchie garantie.
On comprend qu'une mondialisation trop rapide, sans de bonnes bases, laissera des séquelles.
Mais géant ou pas géant dans la mondialisation, le peuple Indien a un grand coeur et une grande histoire.
Une grande histoire que je ne vais pas conter ici parce que ce n’est pas l’objet de mon voyage. Mais qu’il s’agisse de l’empire mongol ou de la colonisation britannique, de l’Hindouisme ou du boudhisme, l’histoire, les contes et légendes sont riches.
J'ai rencontré pendant trois semaines un peuple accueillant, non violent, et très aimable avec l'étranger. Ce qui n'est pas systématique dans tous les pays.
Une grande histoire à l'image de Gandhi. En Inde, la non-violence est une religion, la base de l'Hindouisme pratiquée par près de 70% de la population.
Les religions cohabitent néanmoins, les temples et les mosquées ne manquent pas.
Même si Gandhi est le Père de la nation, la ville de Mumbaï, qui se trouve dans l'état du Maharashtra, fait plus de place à un autre personnage : Chhatrapati Shivaji Maharaj, le Grand.
Le chef du peuple de la région, celui qui a résisté à l’invasion de l'Empire Moghol. L’aéroport international porte son nom, et les statues de lui ne manquent pas dans la ville.
Enfin, j’ai pu discuter des différences culturelles entre l’Inde et la France, entre l’Inde et l’Afrique noire. Le polythéisme est une différence qui cache une même façon de penser la spiritualité. Par le don de soi, le rapport à l’autre et le rapport de restriction au sein de la société.
L’amour y est encore considéré comme à mettre en place dans une relation. On ne se choisit pas parce qu’on s’aime, mais les parents choisissent les enfants, à eux de s’aimer par la suite. Certains trouvent que c’est une privation de la liberté, d’autre pense que le choix inverse n’a pas l’air de créer plus de couples solides. Et que la liberté est un mot piège.
Bref, une personne sur six est indienne dans notre monde aujourd’hui, et au fond ce n’est pas si mal que ça.